Vire perd des habitants (6 % en 20 ans), Vire vieillit, Vire perd 3 classes d'école par an... et tout serait normal, dans la tendance nationale de vieillissement et de perte d'habitants dans les villes moyennes ?
Pour un renouveau démographique
Vieillissement, dépeuplement... Vire serait seulement dans la tendance ?
Démographie : mais combien sommes-nous à Vire ?
La question peut étonner... le recensement de l'INSEE est bien là pour "compter" les habitants de la commune, et les chiffres publiés sur le site www.insee.fr sont bien clairs.
Pourtant, si l'on lit toute la presse locale, impossible de savoir combien de personnes vivent à Vire, et quelle est l'évolution démographique sur plusieurs années :
- dans son édition du 06/01/09, Ouest-France titrait avec raison "la ville a perdu 863 habitants en 9 ans" (population totale : 13861 - 12998)
- un an plus tard exactement, dans son édition du 04/01/2010, Ouest-France titrait cette fois "la ville a gagné 38 habitants en 8 ans", et détaillant "ils étaient 12347 en 1999 et 12385 habitants en 2007". Ecart étonnant entre les deux articles, mais l'erreur se retrouve facilement (12347 est en fait la valeur 2009, et pas 1999).
Ce qui laisse croire que la ville a perdu peu d'habitants en 8 ans, alors qu'elle en a perdu énormément (-6,2%).
Un écart est encore plus important, mais non expliqué à ce jour : La Voix Le Bocage titre le 14/01/10 "La capitale du bocage repasse les 14000 habitants" et écrit "Vire et sa commune associée, Saint-Martin-de-Tallevende, comptabilise en effet une population totale de 14204 habitants pour cette année, alors que le recensement faisait état de 12998 Virois". Une hypothèse sur ce chiffre de 14204 : la population de Saint-Martin-de-Tallevende comptée deux fois...?
{Après quelques semaines, cette hypothèse a été confirmée et l'erreur reconnue}
Ce qui laisse croire à une explosion improbable de la population viroise ! Un tel chiffre n'a jamais été atteint ; la population décroît depuis 1982 après avoir constamment augmenté depuis la fin de la guerre.
Interpellés sur ces erreurs dès la parution des articles, les deux journaux ont assuré que les chiffres qu'ils citaient étaient les bons. La réalité démographique de la ville, c'est une perte de 838 habitants, soit 6%, entre 1990 et 2010.
Démographie, foncier et aménagement du territoire
Texte produit par Thomas Ribes, en son nom et en celui du groupe local Les Verts du bocage virois Repris partiellement par la presse, qui ne site pas l'étude des services de l'Etat.
Devant le dépeuplement sensible de Vire (-6,2 % entre 1999 et 2009), Jean-Yves Cousin réagissait dernièrement dans la presse... Il y déclarait que la perte de population viroise était une tendance nationale d'un départ des villes, au profit des communes périphériques. Cela est en partie vrai, mais mérite d'être mis au regard des chiffres d'autres communes bas-normandes : Vire perd proportionnellement plus d'habitants que Condé-sur-Noireau, Saint-Lô, Flers, Coutances ou Bayeux... Elle est en fait l'une des communes de bas-normandie de plus de 10 000 habitants qui perd le plus d'habitants !
La situation démographique est telle qu'un rapport de l'INSEE (http://www.insee.fr/fr/insee_regions/Basse-Normandie/publi/141art8.htm) décrivait : "Depuis la fin de la décennie quatre-vingt-dix, le bassin d'emploi virois est le seul du Calvados à se dépeupler. ... Le vieillissement de la population est si important qu'entre 2001 et 2003, ce bassin virois est le seul de Basse-Normandie où le solde naturel est négatif (- 80 personnes)."
La ville de Vire doit rapidement relancer sa politique d’habitat. Si nous saluons le projet des Mancellières, force est de constater qu’il vient trop tard et qu’il sera insuffisant face aux besoins. En parallèle, le centre ville continue à se désertifier.
Nous attendons bien sûr l'argument classique : Vire se dépeuple parce qu'elle n'est pas reliée par quatre voies à l'autoroute ! A cet argument souvent présenté comme une évidence, nous apportons des informations pour le contre-balancer : Avranches perd également 6,2 % de sa population, Villedieu-les-Poëles en perd 5,4 % ; ces deux villes sont pourtant bien reliées à l'A84...
Par ailleurs, sur cette question, le document d'Association d'Etat réalisé pour le SCOT en 2008 interroge également : « Un élément de complexité réside cependant dans la question de l'opportunité économique de mettre à 2x2 voies la liaison Vire-A84, souhaitée par les entreprises locales de transport. Son impact pourrait également être négatif sur le territoire (effet de vidage, coût empêchant d'autres projets dans les modes alternatifs) et cet enjeu mérite à lui seul un approfondissement conséquent des études du SCOT. »
Si nous entendons les arguments repris par Monsieur le Député-Maire, nous demandons à ce que d'autres points de vue puissent être relayés et discutés, auprès de la population et au sein des instances de décision. La sécurisation de l'axe menant à l'autoroute, que nous appelons de nos voeux, n'arrive pas ; nous ne croyons pas en la réalisation rapide d'une quatre voies, ne la souhaitons pas, et la pensons incompatible avec les objectifs du Grenelle de l'Environnement voulu par le Président de la République.
